Le présentéisme, le nouveau fléau du monde du travail

Marché de l'emploi -
19 novembre 2014


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Le terme «présentéisme» revient de plus en plus souvent lorsque l’on parle des «maux» du travail. Selon le Larousse, il désigne le fait «d'être assidûment présent, notamment sur le lieu de travail». Cet «acharnement» peut prendre différentes formes, le mot présentéisme regroupant plusieurs réalités:

- l’employé qui vient travailler alors qu’il ne devrait pas. Comme le travailleur malade ou dépressif qui vient au bureau par peur de la réaction de son patron.

-celui qui fait des horaires à rallonge et qui peut rester tard le soir à son poste, dans le seul but de se faire bien voir par son patron, alors que son travail est déjà terminé.

-enfin celui qui est à son poste et en état d’accomplir son job, mais qui n’a pas suffisamment de travail.

Dans tous les cas, le présentéisme engendre de la souffrance. Mais cela créé aussi des frais considérables. En France, ce phénomène est un vrai fléau qui touche parfois plus de 10% des employés d’une entreprise, soit bien plus que l’absentéisme. La crise et la peur de perdre son emploi poussent les travailleurs à se surinvestir dans leur job. Et le coût caché de ce fléau serait entre 2,67% et 4,86% pour la masse salariale française, soit entre 13,7 et 24,95 milliards d'euros par an, selon Matthieu Poirot, fondateur du cabinet Midori Consulting et expert en qualité de vie au travail.

En effet, le travailleur malade, dépressif ou démotivé, tout comme celui qui passe sa vie au bureau, n’est pas efficace, ce qui induit une baisse de productivité. Il n’est plus capable de faire son travail correctement, car il n’a plus de recul par rapport aux tâches qu’il doit effectuer. Ainsi, en Suisse, une personne active sur sept admet s’être fait diagnostiquer une dépression. Ce qui n’empêche pas près de la moitié d’entre elles de continuer à travailler. Ces personnes grossissent le nombre des victimes du présentéisme, engendrant un coût deux fois supérieur que si elles avaient été absentes.

Le problème du présentéisme réside dans le fait qu’il est difficilement détectable. Un travailleur toujours fidèle au poste sera bien vu. D’où l’importance pour l’employé de pouvoir parler à son patron, s’il est en situation de mal être. Mais l’employeur doit lui aussi être vigilant à toute baisse de motivation ou d’efficacité chez ses employés, pour éviter que ceux-ci ne s’enferment dans la spirale d’un excès de zèle néfaste.

Enfin, le présentéisme peut prendre un autre visage, celui de la personne qui vient travailler mais qui est sous-occupée. L’employé est en souffrance, puisqu’il se sent inutile et ne peut pas mettre pleinement à profit ses compétences. Là aussi, cette situation est perdante pour le travailleur comme pour l’entreprise.

 
 

Christelle Genier

 
 
 
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