Le crowdsourcing, ou la puissance de l'intelligence collective

Jobs market - 27 August 2013


En valorisant la mise en commun des idées, le web 2.0 a favorisé l'éclosion de communautés s'appuyant sur la puissance de l'intelligence collective. La plateforme suisse Atizo, fondée par Christian Hirsig en 2007, est basée sur ce principe plus connu sous le nom d'«innovation ouverte» ou «crowdsourcing».
Le principe de l'innovation ouverte est très simple. Un créateur sollicite l'avis d'une communauté pour évaluer une idée ou un projet et les commentaires ainsi récoltés permettent de l'améliorer, voire d'en accroître sa valeur. Dans les cas les plus poussés, les membres d'une communauté peuvent également devenir de véritables acteurs de l'innovation en développant eux-mêmes leurs propres projets.
Le fondement du concept se base sur le principe du marketing participatif dont le but est de faire appel à l'imagination et à la création d'un grand nombre de personnes.
Un immense brainstorming virtuel

«Le crowdsoucring a toujours existé, nous explique Nicole Rothen, responsable clientèle chez Atizo. Les entreprises ont toujours tenu compte de l'avis de leurs clients ou de leurs collaborateurs. A l'époque, les experts en marketing invitaient simplement les consommateurs dans des salles pour tester leurs nouveaux produits. Aujourd'hui, tout se passe sur Internet qui agit comme un amplificateur.» Et le succès est au rendez-vous.
Sur la plateforme Atizo, qui compte aujourd'hui plus de 15'000 membres, on retrouve de grandes marques telles qu'Ovomaltine, PKZ ou encore Findus - Ovomaltine cherchant par exemple un nouveau nom pour sa pâte à tartiner ou PKZ un moyen plus efficace pour attirer sa clientèle dans ses succursales. On peut également tomber sur des projets plus audacieux, comme celui de l'entreprise Bodenschatz, qui cherche à attirer de nouveaux locataires dans des bureaux en construction et promet un pourcentage sur le loyer en cas de réussite.
Des idées récompensées
Dans la plupart des communautés participatives, les meilleures idées sont récompensées. Les esprits les plus créatifs sont rémunérés en fonction du bénéfice qu'en retire l'entreprise. «Sur Atizo, précise Nicole Rothen, il faut budgéter entre Fr. 1'000.- et Fr. 3'000.- de prime par projet.» Et d'ajouter: «L'entreprise évalue les idées et en conserve généralement une centaine. Ensuite, Atizo organise un workshop avec l'entreprise pour évaluer les idées restantes. En règle générale, 10 à 15 idées sont primées à la fin du processus.»
Cette méthode de rémunération est une bonne manière pour pousser les membres de la communauté à participer. Mais pas seulement. C'est également une reconnaissance par les pairs que recherchent certains utilisateurs de telles plateformes. Sur Atizo, elle se traduit par un classement des meilleurs innovateurs sur la base d'un système de points.
Des succès qui donnent des idées

Le crowdsourcing a le vent en poupe et ses succès sont retentissants. La revue Hémisphères en donne quelques illustrations: par exemple, le logiciel Android de Google ou la fermeture éclair hermétique développée par la marque Mammut qui s'inspire des sacs en plastique utilisés pour la congélation - la solution a été proposée sur Atizo.
Le milieu universitaire s'intéresse aussi à ce type de plateformes participatives. L'Institut Entrepreneuriat et Management (IEM) de la HES-SO Valais a par exemple tenté l'expérience en 2010 en lançant sa propre plateforme participative intitulée i-Brain en collaboration avec Atizo - qui lui a vendu une licence d'exploitation. Avec un objectif simple: «favoriser l'innovation au sein du tissu économique en incluant des communautés d'innovateurs, et en particulier les étudiants, professeurs et chercheurs HES.»
Un modèle économique plutôt onéreux pour les PME

Le crowdsourcing a cependant un coût qui peut s'avérer très vite assez onéreux pour les PME. Sur la plateforme Atizo, par exemple, la soumission d'une idée ou d'un projet coûte environ Fr. 4000.- par an - une licence annuelle donnant droit à un nombre illimité de projets. En contrepartie, Atizo garantit aux entreprises entre 300 et 500 idées par projet et un suivi durant la procédure d'évaluation. D'autres services sont également proposés comme le développement d'une plateforme autonome à l'image de la plateforme de l'IEM.
«Un service pour les innovateurs privés moins onéreux est actuellement à l'étude, nous assure Nicole Rothen. Un prolongement dans le consulting également. Par exemple l'accompagnement des entreprises dans la réalisation de leur projet. Mais pour l'instant, aucune décision n'a encore été prise.»
L'avenir nous le dira.
DM
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